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Docteur Mamlouk, Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique, Paris Adolescence et chirurgie esthétique
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Le chirurgien plasticien se retrouve de plus en plus confronté à des demandes de chirurgie esthétique chez les adolescent(e)s. Les demandes les plus fréquentes concernent les oreilles décollées, le nez (rhinoplastie pour bosse), les seins (demande d'augmentation ou de réduction, gynécomastie chez l'homme), la silhouette (liposuccion des rondeurs...). La préoccupation corporelle fait partie du processus de l’adolescence. C’est le moment où l’on constitue sa personnalité et où le corps est en pleine transformation. C’est une période de fragilisation, de recherche de limites, de transformations corporelles non contrôlables. Dans les moments où l’on n’a plus de repères, où l’on semble perdu dans la vie, le corps va souvent apparaître comme un lieu dont on pense pouvoir prendre facilement le contrôle avec des modifications corporelles : piercings, tatouages... Une intervention de chirurgie esthétique est néanmoins possible chez l'adolescent en respectant certaines règles absolues:
Il faut surtout bien comprendre le fondement de la demande et ce qu’il y a derrière cette envie de changement. La demande de chirurgie sur un organe pouvant être une cristallisation de problèmes psychologiques ou psychiatriques inconscients. Les adolescents fonctionnent beaucoup avec le mode de « pensée magique ». Par exemple, la liposuccion, c’est merveilleux; les prothèses mammaires c'est fantastique. Une petite canule va enlever toute la graisse placée dans les bourrelets ! Aucun travail sur soi, le geste chirurgical le remplace. « Un beau corps me permettrait d’avoir un petit copain, plein d’amis… ». Mais l’important ne serait-il pas de savoir pourquoi il n’y a pas de petit copain ou d’amis ? D’où l’importance d’un travail sur l’estime de soi, la confiance… Après, il sera temps de voir si l’opération est maintenue, reportée ou annulée.
Les préoccupations corporelles se présentent très tôt ; elles existent même chez les tout-petits avec des moqueries et des colibets envers les enfants qui sont différents physiquement : obèses, grandes tailles ou petites tailles, handicapés physiques ou mentaux, oreilles décollées.... Selon une étude psychologique récente, à 11 ans, 54 % des adolescentes désirent changer d’apparence, et à 15 ans, elles sont plus de 75 %. Elles désirent surtout moins de rondeurs ! Quant aux garçons, 38 % désirent changer d’apparence vers 11 ans et 43 % vers 15 ans, mais en voulant plus de muscles. Il y a une grande différence physiologique, difficilement acceptée par les filles : entre 10 et 15 ans, une fille va prendre 15 kilos environ, avec autant de masse grasse que maigre. Au même âge, le garçon prendra environ 25 kilos, dont 3 kilos seulement de masse grasse ! Cependant, lorsque la personnalité a bien été évaluée et que des problèmes psychologiques ou psychiatriques sans rapport avec la disgrâce physique ont été écartés, il faut savoir reconnaître la souffrance qui est secondaire à cette disgrâce:
C'est le cas typique de demande de réduction mammaire par la mère, qui ne supporte pas l'apparition d'attributs de féminité chez sa fille; avec parfois incompréhension de l'intervention par l'adolescente et regrets à l'âge adulte..
Pour un acte de chirurgie classique chez un mineur, légalement, seule l'autorisation d'un des deux parents suffit. Pour un acte de chirurgie esthétique, l'autorisation écrite des 2 parents s'impose d'elle même et paraît obligatoire. Il faut que l’intervention soit bien intégrée dans la cellule familiale et chez les proches.
Une souffrance psychologique réellement liée à un défaut physique majeur parait être une bonne indication à la chirurgie esthétique chez l'adolescent, tout en restant prudent. Le chirurgien expliquera alors les bénéfices, les possibilités, les risques, les inconvénients, les limites et les complications de l'intervention envisagée. (Une cure d'hypertrophie mammaire ou une rhinoplastie peut réellement transformer psychologiquement une adolescente qui était timide, inhibée...) Souvent, devant un défaut physique objectivement non majeur, il est sage de proposer un délai de réflexion de plusieurs mois voire années et de refaire le point, parfois en temporisant avec une prise en charge psychologique. Parfois, l'adolescent a simplement besoin d'être rassuré sur la normalité de son physique. Quand il existe une grande distorsion sur
l’image du corps avec disproportion du retentissement psychologique par rapport
au défaut physique, une prise en charge psychologique voire psychiatrique est
nécessaire au lieu d'une intervention. Un refus catégorique et inexpliqué serait
très mal vécu par l'adolescent, et doit toujours être expliqué. |
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