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LE CAS CLINIQUE DU MOIS DE
DÉCEMBRE 2006
Présentation : Patiente étudiante, sportive, âgée de
21ans, 1m70, 55 kgs, taille de
soutien-gorge 80A, désirant une augmentation mammaire importante mais
naturelle, sans cicatrices sur les seins. A l'examen, les seins sont
petits avec une épaisseur glandulaire correcte,
la circonférence du thorax sous les seins est de 70cm, la base des seins est de
11cm, la distance entre le creux sus-sternal et l'aréole est de 16cm, le
diamètre des aréoles est de 3,5 cm, il existe un thorax en entonnoir ou Pectus excavatum (creux au
niveau du sternum).
Le choix du volume de l'implant est évalué par simulation
avec utilisation de prothèses d'essai dans le soutien gorge et par des
photographies de modèles choisies par la patiente. Augmentation mammaire par prothèses en gel de
silicone, rondes, profil haut, 220gr, rétro-glandulaire, pré-musculaire,
par voie axillaire. Pendant 1mois 1/2, il est recommandé à la patiente
de porter jour et nuit un soutien gorge sans armature et une bande de
contention. Des massages des seins sont réalisés par la patiente dés le
lendemain de l'opération et elle invitée à dormir sur le ventre après un
mois. Soins des cicatrices au niveau des aisselles tous les jours après
la douche. Résultat après 6 mois (Soutien gorge
85C). Discussion :
- caractéristiques de l'anatomie de la patiente:
- circonférence du thorax=70cm et base des
sein=11cm avec un thorax en entonnoir : le choix du volume des
prothèses est limité par les faibles proportions anatomiques
contrastant avec la demande d'augmentation importante, ce qui
doit bien être expliqué afin de ne pas être déçue par le volume.
- thorax en entonnoir ou pectus excavatum
- la distance entre l'aréole et le sillon
sous-mammaire est courte (3.5cm): il est donc nécessaire de
désinsérer le sillon et d'en créer un autre un peu plus bas. La
conservation du sillon initial aurait abouti à un résultat peu
naturel voire inesthétique avec bombement du pôle supérieur du
sein et avec des aréoles "regardant vers le bas".
-
la distance entre le creux sus-sternal et l'aréole est de
16cm avec des aréoles bien centrées par rapport aux seins : il
n'y a donc pas lieu d'envisager de gestes de reposition
aréolaire.
- le diamètre de l'aréole est de 3.5cm, ce qui
autorise une voie d'abord aréolaire d'autant plus que le volume
de la prothèse n'est pas très élevé. Une incision sous-mammaire
aurait aussi été théoriquement possible mais pas toujours facile
à camoufler lorsqu'il n'existe pas de sillon sous-mammaire bien
marqué ou une légère ptose, et toujours difficile à bien
positionner surtout lorsqu'on abaisse la position du sillon
sous-mammaire. Finalement, la patiente désirant une intervention
sans cicatrices mammaires, il a été réalisé une implantation par
l'aisselle.
- épaisseur de la glande et des tissus
sous-cutanés dans la partie supérieure des seins mesurée à au
moins 2cm par la technique du pli cutané, ce qui autorise un
emplacement rétro-glandulaire, pré-musculaire pour une prothèse
inférieure à 400cc. Néanmoins, un emplacement rétro-musculaire
aurait été possible mais n'aurait pas apporté de bénéfices quant
au camouflage du pôle supérieur de l'implant dans ce cas, avec
en revanche augmentation des douleurs post-opératoires et risque
imprévisible de mobilité inesthétique du sein lors des
contractions du muscle grand pectoral.
- choix de l'implant:
- Rond ou anatomique? : il aurait été
possible d'utiliser un implant anatomique, mais pour un
volume inférieur à 250cc le résultat esthétique n'aurait pas
forcement été meilleur; en revanche la mise en place d'un
implant anatomique, bien que possible par voie axillaire,
est un peu plus délicate et augmente le risque de
malposition initiale et de rotation secondaire. Dans ce cas,
il a donc été choisi un implant rond.
- Profil haut ou profil bas? : le choix
s'est porté vers une prothèse à profil haut. L'augmentation
aurait pu être encore plus importante mais avec un aspect
beaucoup moins naturel avec des prothèses à profil
ultra-haut (seins en forme d'obus) ou à profil bas (seins
plats avec risque de synmastie; c'est à dire disparition du
sillon entre les seins avec contact entre les prothèses,
risque d'autant plus majoré qu'il existe une malformation
thoracique à type de thorax en entonnoir)
- volume de l'implant : dans ce cas, le
choix du volume se trouve en quelque sorte dicté par les
caractéristiques anatomiques de la patiente.
- consignes post-opératoires : elles
varient parfois d'un chirurgien à un autre mais elles sont
très importantes à respecter. Un soutien gorge est le plus
souvent prescrit pendant 1mois 1/2, il permet de maintenir
les prothèses en bonne position. L'utilisation d'une bande
de contention que l'on met au-dessus des seins est prescrite
au cas par cas; elle prévient le risque d'ascension des
prothèses vers l'aisselle surtout lorsqu'il s'agit d'une
implantation axillaire car la loge est un peu plus grande
vers le haut. Les massages quotidiens pendant au moins 1 an
avec décubitus ventral pendant le sommeil (à partir de 1
mois) préviennent le risque de contracture capsulaire
(coque) et permettent ainsi d'avoir des seins de consistance
naturelle. Un des avantages de la voie axillaire est de
permettre de commencer les massages des seins dés le
lendemain de l'opération sans avoir à attendre la
cicatrisation de la voie d'abord.
Conclusion : Dans le cas
particulier de cette patiente qui voulait une augmentation
importante, il a été choisi la prothèse la plus adaptée afin
d'obtenir le résultat le plus naturel possible. Le choix de
la prothèse et de la technique d'implantation font entrer en
jeux de nombreux paramètres tels que : désir de la patiente,
anatomie de la patiente, caractéristiques des implants
actuels, rapport bénéfices/risques, mais aussi habitudes du
chirurgien. Pour une patiente donnée avec une demande
donnée, il existe souvent plusieurs solutions possibles qui
peuvent aboutir à des résultats équivalents mais avec des
niveaux de risques parfois différents. Quoiqu'il en soit,
malgré un plan pré-défini avant l'intervention, le
chirurgien peut être amené en cours d'intervention à changer
de stratégie, s'il le juge nécessaire, tout en respectant au
plus près le choix de sa patiente, et ce afin d'obtenir le
meilleur résultat possible.
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question à poser ou une remarque à faire concernant ce cas
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